Le début du Ramadan sonnait pour moi comme le début des festivités. C’était pour les Musulmans un période de privation, de charité et de prière. A la maison, nous étions tous de confession Chrétienne. Cependant, une partie de la grande famille était Musulmane. La bonne intelligence avec laquelle nous vivions me fascinait toujours. Maman avait même aménagé un endroit sur la terrasse pour que nos convives Musulmans ne manquent pas leurs Salats (heures de prières). On y trouvait un tapis, un voile et une bouilloire.

Au début du Carême Musulman, Maman préparait de jolis coffrets de Ramadan à distribuer aux Musulmans de son entourage pour les soutenir dans cette période de jeûne. Sucre blanc, sucre roux, lait, mil, farine de blé, haricot, mais, arôme, dattes… Le tout était généreusement emballé dans de grandes soupières ou un panier en osier.

Avec mes sœurs, on appréciait particulièrement ce moment, ce sentiment de donner un peu de joie, de solidarité. On déposait dans chaque famille un petit panier de bonheur. S’ensuivaient des bénédictions et des invitations à participer à la rupture du jeûne. On terminait toujours notre tour par la maison de Dada Lengani (entendez grand-mère Lengani).

J’étais convaincue que chaque personne sur terre avait un talent, celui de grand-mère était la cuisine. Elle l’avait transmis à ses filles Assana et Adissa avec brio.

Je ne connaissais point de plats Ouest Africains particulièrement Mandingues que leurs doigtés n’avaient apprivoisé.

Le jeûne Musulman était rompu sous nos tropiques à 18h, au coucher du soleil. Dès 15h30, mes tantes installaient leur restaurant de fortune sous des parasols. Dans ce petit quartier de Sicogi où elles habitaient, il n’était point exagéré de dire que tout le quartier y venait acheter le goûter. Beignets de Haricots (Gaou ou Soso froufou), Déguè, bouillie de mil, gbofloto, Tratras,  koko bacca chaque jour avait son menu et chaque jour elle nous apportait comme une dîme des mets qu’elles préparaient.

Le menu du vendredi était « Petites galettes de farine de Blé (Gbofloto) et bouillie de mil ». J’avais déjà goûté de la bouillie de mil mais la leur était particulièrement gourmande, onctueuse et parfumée. J’en dévorais tellement que j’en oubliais de dîner. Je vous donne la recette ici! En ce mois de partage, je sais que vous saurai la partager autour de vous…

Ingrédients

Pour 2-3 personnes, il faut :

  • 3 verres de grains de mil
  • 1,5 litre d’au
  • 1/2 citron
  • 1/2 doigt de gingembre
  • 2 doigts de tamarin dilués dans un demi-verre d’eau
  • 1 tasse de sucre roux ou cassonade

Préparation

  • Faire bouillir l’eau dans une casserole.
  • Pendant ce temps, laisser infuser le tamarin dans ½ verre d’eau
  • Dès ébullition, ajouter les grains de mil, remuer et laisser cuire 8 minutes à feu moyen
  • Rajouter le gingembre écrasé, le jus d’un ½ citron, le jus de tamarin et le sucre (à ajuster selon vos goûts)
  • Laisser épaissir encore 5 -10 min
  • Attention, la bouillie s’épaissit considérablement hors du feu (pensez à arrêter le feu quand les grains deviennent tendres).

Bon appétit !

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