Invitée au lancement de la plateforme de cooptation « Talent2Africa » à Paris par une amie, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes dont le charisme et le talent forcent l’admiration. Sensible à l’idée de la promotion des talents Africains, j’ai naturellement apprécié la conférence animée par le fondateur de cette plateforme.

Mon intime conviction c’est que l’Afrique a besoin de nous, pas seulement dans nos longs débats, préjugés ou tares que nous nous efforçons de dénoncer dans nos salons ou sur les réseaux sociaux mais aussi et surtout sur le terrain. Cela passe par l’éducation, le retour des cerveaux, le développement des économies locales et par la promotion de l’entrepreneuriat.

Fidèle à moi-même, j’ai d’ailleurs pu partager avec zèle cette vision avec quelques contacts que je venais de me faire sur place. La salle grouillait de monde et les derniers arrivés comme moi pouvaient s’arroger le luxe de converser tout en lorgnant les hors d’œuvre progressivement disposés pour les convives du jour dans la salle d’à côté.

Mon attention était particulièrement détournée par une petite main qui œuvrait à nous régaler. Belle,  gracieuse et  élégante dans son grand boubou coloré, elle dressait délicatement des plateaux garnis de petits fours sur les différentes tables, le sourire aux lèvres. On pouvait lire de la satisfaction dans son regard, l’amour du travail qu’on aime.

Le buffet ouvert, les convives se ruèrent vers les plateaux. Pastèles de poisson, beignets de farine, accras de morue, déguè … Tout était bon … Je devais absolument échanger avec cette dame. Astuces, contacts…, je prendrais tout volontiers.

Apercevant mon amie au bout de la salle lui arrachant quelques mots, je m’empressais de les rejoindre. A la minute , j’avais oublié les ampoules que je m’étais faite à rester perchée toute la journée sur des hauts talons. S’ensuivit un débat long et intéressant sur le potentiel de la gastronomie Africaine. Oui, la gastronomie Africaine méritait d’être connue aux yeux du monde. Le melting-pot Parisien pouvait d’ailleurs nous servir de tremplin. Ma muse du jour de son nom complet Absa Lô tenait depuis une dizaine d’années déjà un traiteur-restaurant dans Paris. Elle insista pour nous faire comprendre qu’il nous fallait davantage de combativité pour relever de nouveaux défis.

« Vous, les jeunes, vous avez l’avantage aujourd’hui d’avoir reçu l’éducation. Associez à l’éducation que vous avez reçu l’audace, de la détermination pour promouvoir la culture Africaine. Nous, vos mamans, nous n’avons pas eu la chance que vous avez, nous sommes autodidactes mais nous avons l’audace. J’ai eu l’audace de servir un verre de Bissap au président Jacques Chirac et il a aimé. J’assure des prestations pour des organisations publiques, TF1, la FNAC, le labo international-Salon de la mode ethnique à Paris pour près de 1000 à 2000 personnes. Tout cela est possible, parce que j’ai eu de l’audace … « .

Je ne pourrai sûrement pas mettre à l’écrit tout ce qu’elle nous a enseigné en l’espace de quelques minutes. Ce que je voudrais avant tout partager, c’est que chacun possède à son humble niveau la force d’apporter une pierre à la nouvelle Afrique, l’ Afrique des défis , l’Afrique  de la solidarité.

  • Notre gastronomie est peu connue ? valorisons la et promulguant la au delà des frontières du continent.
  • Nos gouvernants sont nuls, corrompus ou perdus sur leur sommet ? Faisons de la politique et des affaires publiques notre affaire…
  • La nouvelle génération semble peu éduquée ? Partageons notre savoir et notre expérience. Il y a tant à faire pour notre cher continent.

Comme le dit si bien le slogan de l’ IFA  » Ne vous demandez plus ce que l’Afrique peut accomplir pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez accomplir pour l’Afrique. »

 *IFA : Start-up Initiative For Africa .