Quand Alassane m’annonce son mariage traditionnel ce Printemps, je suis impatiente à l’idée d’y participer mais surtout de découvrir Bamako et ses jours de mariage. Moi, qui ne connaissais que Ouagadougou, Accra, Casablanca et Abidjan comme capitale Africaine, j’étais déjà surexcitée. Ce que j’aimais dans les villes Africaines, c’était les marchés, modernes ou pas, où l’on négociait à sa guise. C’était aussi les paysages sauvages, le petit poulailler ou le potager tenu par la grand-mère, la proximité au quotidien entre voisins, entre enfants de voisins mais aussi entre amis et gens issus de milieux différents.

D’ailleurs, j’appréciais à peine l’engouement des grandes métropoles Africaines à caricaturer un développement à l’occidentale fait de gratte-ciel, de fast-food, de centres commerciaux et de produits du quotidien tous importés. A ce sujet, entre deux envolées lyriques  Alassane avait fini de me convaincre. Il m’avait assuré que le Mali se développait économiquement tout en affirmant son authenticité. J’allais donc à Bamako en espérant y trouver une part de cette vérité.

Vêtue d’un grand boubou blanc et doré cousu pour l’occasion, « j’atterris » le 24 juin à Bamako une semaine avant le grand mariage, le temps de découvrir la ville. Pendant deux jours, mon quotidien se résume à manger goulûment les plats succulents cuisinés par N’nan*. Je donne également les nouvelles aux voisins qui viennent à la « queue-leu-leu » me souhaiter la bienvenue à coup de viandes et de yaourts de toutes sortes.

Comme à Ouagadougou, je crois que la chaleur ambiante a quelque chose à voir dans l’hospitalité ; autrement dit les gens sont chaleureux quand il fait chaud. Je ne saurais être tenue de toute déformation du présent propos 😛 😀 !

Le troisième jour, je réussis à mettre la main sur Ibrahim, le cadet du futur marié pour qu’il me montre la ville ancienne, loin des fastes des grands quartiers et des grandes avenues. Direction le grand Marché de Dabanani, situé en plein centre-ville, entre l’avenue Gabriel Touré et la maison des artisans ! Nous y arrivons à 8h, le marché grouille déjà de monde. Je recherche des étoffes et objets d’art Africains pour mon p’tit appartement, dénommé le « musée Africain » par mes amis Parisiens. Malheureusement, je sais à peine parler Bambara**, la principale langue commerciale de la sous-région et mon accent fait vite remarquer qu’il s’agit potentiellement d’une touriste. Je laisse donc Ibra négocier pour moi quand je fonds devant une œuvre. On s’en sort tant bien que mal côté budget même s’il m’avoue que malgré tous les subterfuges qu’il avance, plusieurs artisans sont persuadés que je vis en France (je suis donc pleine au as) 😯 .

Il est 12h et quelques arachides 😉 , le Soleil est au Zénith et mon ventre crie famine ! Je demande à Ibra de me faire découvrir une spécialité locale. Il me parle du Djouga ou encore Djouka, un plat succulent et bon marché. On en cuisine partout au Mali et en toute occasions. Afin de satisfaire   ̶m̶a̶ ̶c̶u̶r̶i̶o̶s̶i̶t̶é̶  ma faim, nous nous dirigeons vers une gargote qui est d’ailleurs réputée pour ce plat. La suite se passe de commentaires ! Miammm ! Au goût,  je reconnais un couscous fin de Fonio, un soupçon d’arachides accompagné de poulet cuit à l’étouffée et d’une sauce* bien relevée aux oignons fondants!

Qui veut en déguster me suive en cuisine !

  • ½ kg de Fonio*** précuit
  • 200 g d’arachides en poudre
  • 10 petits gombos râpé
  • 1 cuillère à café de bicarbonate de soude ou ½ cuillère à café de potasse dilué dans un verre d’eau
  • 4- 6 gros oignons
  • Poivre
  • Sel
  • 4 gros morceaux de poulet

Préparation

  • Mettre de l’eau à mi-hauteur dans une cocotte et placer au-dessus le couscoussier et y renverser le fonio, laisser cuire à feux doux une vingtaine de minutes,
  • Dans une autre cocotte, mettre un verre d’huile , un demi-verre d’eau, les arachides en poudre, le gombo écrasé et le bicarbonate de soude, laisser dorer et griller tout en remuant une quinzaine de minutes
  • Pendant ce temps, retourner le fonio dans le couscoussier,
  • Renverser le Fonio dans la pâte à base d’arachides et de gombo, bien remuer jusqu’à obtenir un ensemble homogène,
  • Si le Fonio est un peu sec, vaporiser un peu d’eau dessus, et remettre le tout sur le couscoussier jusqu’à ce que le Fonio soit tendre et fonde en bouche
  • Accompagner le Djouga avec du poulet frit et une simple sauce au oignons (Quid d’un Yassa  ? )

*N’nan : Maman en langue « Bambara »

**Bambara : appelé « Bamanakan » ou « Bamanankan » par ses locuteurs, est une des langues nationales du Mali. Elle est la principale langue maternelle du pays (46 %) et la plus parlée (82 %). (Source Wikipédia).

***Fonio : Céréale sans gluten, consommée depuis des millénaires dans les pays Soudano-Sahéliens (Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal…). On l’appelle « Riz des rois » au Mali. Le Fonio sert de base aux desserts, plats comme aux entrées et regorge de vertus (magnésium, riche en fibres, sans gluten…).

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