Cela faisait deux mois déjà que Soundjata préparait la grande bataille. Épreuves physiques, plats protéinés, rien n’était laissé au hasard. Depuis que le grand griot, Balla Fasséké, bibliothèque vivante des histoires et des secrets de famille lui avait confié les vertus du Soumbara, Soundjata en consommait à toutes les sauces. « Hyper protéiné, régulateur de la tension artérielle, riches en potassium…, il n’en fallait pas plus».

Soundjata s’empressa d’ «ordonner» à sa mère de rajouter du Soumbara dans tous ses plats. C’est avec plaisir que  Maman Sogolon, sa mère, fit de ses ordres des désirs. Du Soumbara, elle en rajoutait dans tous les plats de prédilection de son fils chéri. « Soumara Lafri »,  « Sauce dah », sauce « gombo » , « Tô de mais », sauce « Tigadèguènan » …On connait la suite… Soundjata vainquit le grand et « invincible » Soumangourou Kanté avec l’ergot du Coq blanc lors de la bataille de Kirina.

Qui savait cependant qu’au-delà du mystique et d’une préparation physique tonique, il fallait aussi une alimentation riche avec en prime une belle dose de Soumbara dans l’assiette ? Okedjenou bien –sûr 🙂 lool !

Sortez vos tabourets ! Peu importe l’orthographe, « Soumara », « soumbara » , « Soumbala » Okedjenou vous dévoile tout sur cette merveilleuse épice  en 5 questions-réponses ! Si après ça vous détestez le Soumbara, la team Okedjenou rend le tablier mais aussi le clavier 😉 !

soumbara

1 – « ça vient d’où » – Origine

Dénommée aussi moutarde Africaine, le Soumbala est une épice qui est préparée à partir des fruits d’un gigantesque arbre Sahélien : « Le Néré ». Le Soumbara est un incontournable de la cuisine Mandingue. On le retrouve sous différentes appellations en fonction des pays et des dialectes, Soumbara/soumara/soumbala en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina et en Guinée mais aussi Nététou au Sénégal,  Dadawa au Nigéria et au Niger. C’est une épice bon marché qu’on retrouvera aisément sur les marchés ouest-africains en forme de boules rondes ou de poudre.

2 – « On fabrique çà comment? » – Fabrication

Le Soumbara est préparé traditionnellement par des groupes de femmes, des coopératives rurales. Les étapes de préparation du Soumbara sont les suivantes :

  1. Cueillette des fruits du Néré,
  2. Extraction des graines sont extraites du cœur de la pulpe du Néré,
  3. Lavage des graines et mise à ébullition dans de l’eau pendant presque une journée et demie, voire deux jours,
  4. Séchage des grains puis pilage des grains afin de séparer les graines de la coque les enveloppant,
  5. Lavage des grains  à plusieurs reprises au moyen d’un pot en terre cuite percé,
  6. Fermentation de la pâte saupoudrée de la cendre pendant deux – trois jours, 
  7. Assaisonnement avec du sel et Moulage de la pâte à la main pour obtenir des petites formes allongées ou en boules,
  8. Séchage au soleil.

Ce sont ces morceaux de Soumbala marron foncé presque noire qui sont vendus par les femmes sur les marchés et qui sont ensuite utilisés pour l’assaisonnement des repas. Il existe quelques variantes  dans la préparation du Soumbara par région. N’hésitez pas nous les partager en commentaires 🙂 !

3 – « On peut mettre çà dans quoi?  » – Utilisations

Comme évoqué dans notre version de l’épopée du grand roi Soundjata, le Soumbala est une épice naturelle incontournable des pats Mandingues (Tô, sauce arachide, sauce feuilles…). C’est aussi un exhausteur de goût naturel. Il y a quelques années encore avant l’occidentalisation des cuisines africaines, le Soumbala était souvent utilisé comme substitut de la viande par sa teneur en protéines. Hummm ! Honneur à nos grands-mères qui cuisinaient « bon » mais surtout « sains ».

Pour un goût revisité, vous pourrez en utiliser dans vos grillades mais aussi vos bouillons ! Okedjenou vous donne trois recettes ici ! Le poulet fumé au Soumara , le bouillon qui réchauffe le cœur et le Riz au Soumbara  !

Le secret pour « atténuer » la forte odeur qui « importune » de nombreux « nez » est le suivant :

  • Bien faire torréfier votre poudre de soumbara pendant quelques minutes à feu moyen dans une casserole à vide,
  • En rajouter ensuite une bonne cuillère à soupe ou à café vos préparations en début ou en milieu de cuisson !
  • Le plus, le mélanger à un peu de gingembre, « çà passe crème » dans vos grillades et bouillons !

4 – « Opi, on gagne quoi ? » – Vertus

On ne le dira jamais assez, la santé se trouve dans l’assiette! En sus de son rôle dans la cuisine, le Soumbara regorge des vertus qui sont profitables à notre santé. En effet :

  1. sa teneur en iode peut lutter contre l’apparition du goitre ;
  2. Il favorise l’activité du cœur ainsi que le fonctionnement du cerveau (Je comprends pourquoi les Sénoufos sont si intelligents 🙂 ;
  3. Il permet de lutter contre l’hypertension  artérielle ;
  4. Il prévient et réduit certaines formes d’anémie ;
  5. Il renforce les défenses immunitaires, particulièrement en matière de prévention du cancer ;
  6. Il soulage les piqûres et brûlures ;
  7. Son jus de cuisson est un remontant énergétique et permet de lutter contre la fatigue, 
  8. Il est une source nutritionnelle pour les familles à faible revenus.
  9. Enfin, il faut souligner que le Soumbara est un produit 100% naturel. On ne pourrait pas en dire autant pour  les cubes d’assaisonnement qui envahissent les marchés Ouest et Centrafricains.

5 – « Ya koi dedans même? » –– Sa composition chimique

Le soumbara est très riche en protéines. Il contient également des quantités importantes de lipides et de glucides. On note aussi une composition en minéraux, en Calcium, en Fer et en Phosphore. Selon une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ,100g de Soumbara sec apportent à l’organisme 432 calories et contiennent : 36,5 mg de protides,  28,8 g de lipides et 378 mg de fer. Ainsi que de la vitamine B2 et de la vitamine PP. D’où les vertus thérapeutiques et de maintien de la bonne santé qui sont conférées au Soumbara.

Allez, le Soumbara dans la sauce 🙂 !! Vous êtes convaincus ou vaincus ? Dans les deux cas, on partage  😉 !

Powered by Facebook Comments