Impossible de séjourner à Bamako, Bobo-Dioulasso ou à Katiola sans découvrir le Kabatô ( Tô), traduisez littéralement «Pâte de maïs » en Malinké .

Traditionnellement réalisé au charbon de bois comme bon nombre de plats Ouest-Africains, sa cuisson suit un protocole méticuleux et nécessitait aux femmes de déployer toute leur énergie pour faire cuire la pâte de maïs sans grumeaux. Rassurez vous, les nouvelles sont bonnes! Si du haut de ma  frêle taille, j’arrive à le réaliser aujourd’hui, alors tout le monde peut le faire 🙂 .

Il accompagne différentes sauces ou soupes à bases de gombo, de feuilles, de tomates… J’ai choisi pour cette fois de vous présenter la recette du Tô accompagné de la sauce Dâh. Quoi ?! Vous ne connaissez pas la sauce Dâh ?! Pour faire simple, c’est une sauce réalisée avec de la pâte d’arachide et des feuilles d’oseilles.

Pour 4-6 personnes, il vous faut:

-400g de farine de maïs

-2 ¼ de litres  d’eau

-10 g de faim et de charité (la faim pour avoir la motivation de cuisiner et la charité pour inviter les amis et voisins à partager le repas)

Les ustensiles à prévoir :

  • Une grande casserole ou un marmite avec couvercle,
  • Un tamis pour la farine,
  • Une louche et une spatule de préférence en bois.

Préparation

  1. Commencer par mettre deux litres d’eau à bouillir dans votre marmite. Le volume d’eau ne doit pas dépasser ¾ du volume de votre marmite.
  2.  Pendant ce temps, tamisez la farine. Dès ébullition de l’eau, prélever l’équivalent d’un demi-litre d’eau et diluer dans un verre d’eau froide. Rajoutez la farine (300g) et mélangez jusqu’à avoir un liquide farineux sans grumeaux.  Remettre le tout dans la marmite, couvrir.  et laisser bouillir 10 à 15 minutes.
  3. Ensuite rajouter progressivement, en fine pluie 100g de farine tout en remuant énergiquement avec la spatule. Faire d’abord un mouvement circulaire avec la spatule puis un mouvement du centre vers l’intérieur pour casser les éventuels grumeaux.
  4.  Fermer et laisser cuire 10 mn. Si le mélange vous semble trop lourd rajouter un verre d’eau sinon laisser cuire 10 a 15 mn .
  5. Votre kabato est prêt quand la pâte ne se décolle pas de la spatule après quelques secondes. Servir dans un récipient creux fraîchement plongé dans l’eau froide avec une louche.  Replonger la louche à chaque fois dans l’eau froide avant de servir. Le kabato s’epaissira hors du feu à température ambiante. Il prendra la forme du récipient .
  6. Servir avec votre sauce Dah , Gombo ou Arachide. Bon appétit.

Une seule règle avant de déguster ! On mange tous ensemble, fourchettes et cuillères interdits…Oui, « J’aime que mes doigts rencontrent ceux de mes frères dans le même récipient, pour partager, pour s’entraider. Je trouve que ma main connait mieux le chemin et la mesure de ma bouche qu’un morceau de métal … Je trouve que le la tâche de ma langue et de mes dents est facilitée par celle de de mes doigts ; je trouve que je digère mieux …* » .

Extrait de « Les gardiens du temple « : Cheick Hamidou Kane .  Mangeons à la main, le goût aussi en ressort meilleur  😉 . Parole d’une jeune fille noire affamée ! lol !

Cabato

Entre nous

Aux Parisiens, pour les ustensiles comme pour les ingrédients, le marché de Château rouge est votre ami, désolée pour les “chocos” 🙂 .

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