« Pimpim cassé, 10 francs perdus au lieu de payer gnomi, gnomi est doux! ». Dans bien de quartiers populaires Ivoiriens, ceux où les enfants jouaient sous le chaud soleil entre frères et sœurs mais aussi entre fils de voisins, c‘était la comptine qu’on fredonnait pour charrier nos amis dont les ballons volaient en éclat. On appelait « Pimpim » les ballons de baudruche généralement en latex et tout colorés qui ornaient les fêtes d’anniversaire. Les lignes qui suivent vous expliquent pourquoi je vous raconte tout çà !

Dans nos quartiers, il était courant qu’un bambin se retrouve avec des pièces de monnaie reçues gracieusement d’un adulte. Je recevais quelque fois de l’argent des visiteurs de mes parents quand j’étais sage ou que j’avais été brillante aux compositions scolaires. Comme tous les pioupious de mon âge, j’en étais euphorique. Il se posait alors la question de l’usage que j’en ferais. Le choix se portait généralement entre deux options :

  1. acheter une gourmandise auprès des vendeuses de rue (beignets ou sucreries de tout genre :  poki, klaklo, alloco, gbofloto, gnomi…),
  2. acheter un jouet auprès de celui qu’on appelait boutiquier ou « srouaka » (ballon, bonhomme militaire, voiturette…).

De toute évidence, je conviais mes copains du quartier et partageais systématiquement mes beignets avec eux quand j’en achetais. Parcontre, les jouets n’étaient pas à partager. Particulièrement le pimpim, il était naturellement fragile et il faisait des jaloux. Malheureusement, il finissait tôt ou tard par voler en éclats. C’est alors que mes amis sortis de nulle part fredonnaient d’un air moqueur « Pimpim cassé, 10 francs perdus au lieu de payer gnomi, gnomi est doux! « . La moralité de l’histoire était de privilégier ces succulents beignets de mil en lieu et place des pimpims qui finiraient par disparaître, me laissant le ventre creux !

Même les pioupious le savent, gnomi (womi) est doux ! J’en ai réalisé durant la semaine. Faute d’avoir une poêle adaptée, je les ai réalisé au four! Rassurez-vous, ils sont tout aussi bons!

Allez hop en cuisine !

Pour 6 bons gourmands, il vous faut : 

  • 400g de farine de riz,
  • 500g  de farine de mil,
  • 1/2 l d’eau,
  • 4 bananes douces,
  • 300g de sucre,
  • 1/2 sachet de levure chimique.
  • de l’huile de friture (1/2 litre à 1 litre)
  1. Faites bouillir un demi-litre d’eau,
  2. Une fois l’eau à ébullition, en prélever la moitié  dans un saladier
  3. Rajouter dans le saladier la même quantité d’eau froide que celle contenue,
  4. Incorporer dans l’eau ainsi tiédie 400g de farine de mil jusqu’à obtenir un mélange fluide et sans grumeaux ,
  5. Verser doucement le mélange de l’étape 4  dans l’eau bouillante et remuer,
  6. Laisser cuire 5 minutes à feu doux  jusqu’à épaississement,
  7. Y rajouter 4 bananes douces bien écrasées, 500 g de farine de mil  et 300 g de sucre et 1/2 sachet de levure chimique,
  8.  Laisser reposer 3 à 6 heures,
  9. Faire frire dans un moule légèrement huilé ou dans une poêle adaptée en faisant revenir quelques minutes sur chaque face*.

Bon appétit <3  !! Je vous posterai bientôt la recette en vidéo !

*Quand les bords sont dorés, c’est le moment de retourner sur l’autre face (voir photo d’illustration)

Les beignets de mil de notre enfance

Les beignets de mil de notre enfance